L’histoire ne retiendra sûrement pas cette 3e place décrochée par Kimi Antonelli ce dimanche soir sur l’Autódromo Hermanos Rodríguez, à Mexico. Elle oubliera aussi, sûrement, son abandon au Grand Prix de Barcelone à la mi-juin, sa 15e place à Silverstone, et même ses sorties de piste parfois nombreuses qui ont valu au pilote italien de frôler les pénalités et de faire grincer des dents son directeur d’écurie Toto Wolff.
Formule 1 : À 20 ans, Test custom thumbnail DM
C’est désormais officiel : Kimi Antonelli est champion du monde de Formule 1. À quatre Grands Prix de la fin de saison, le pilote Mercedes a plié le championnat, ce dimanche, à Mexico. Hors de portée de Russell et Hamilton, il devient, à 20 ans, 2 mois et 7 jours, le plus jeune sacré de l’histoire.
En revanche, ce qui restera gravé dans les colonnes de la Formule 1, comme dans la mémoire des amateurs de sport automobile, c’est qu’à 20 ans, 2 mois et 7 jours, Kimi Andrea Antonelli a inscrit son nom dans le marbre en devenant, ce dimanche 1er novembre 2026, le plus jeune champion du monde de l’histoire, le 36e à rejoindre la liste ouverte par Farina en 1950.
Avec 380 points remportés à quatre Grands Prix de la fin de la saison, le pilote Mercedes ne peut plus être rattrapé par les deux concurrents qu’il lui restait à éliminer : le septuple champion du monde Lewis Hamilton (3e, 259 points) et son coéquipier George Russell (4e, 250 points).
De nombreux records de précocité battus
Son titre était devenu une évidence. Un secret de Polichinelle dans le paddock. Pourtant, ce n’était pas en Kimi Antonelli que les espoirs s’étaient portés le plus tôt. Au lancement de la saison, en Australie, Mercedes a laissé parler toute la puissance de sa voiture, elle qui a profité de la nouvelle réglementation pour redorer l’image des Flèches d’argent. George Russell s’était imposé devant le pilote italien. Logique, finalement, pour le Britannique, officieusement numéro 1, puisqu’il a rejoint la grille en 2019 chez Williams et l’écurie allemande dès 2020, avec un siège permanent en 2022.
Et pourtant, porté par la fougue et par les espoirs placés en lui depuis son arrivée au haut niveau, Antonelli s’est démarqué dès le deuxième Grand Prix, en Chine. À partir de ce moment-là, les records de précocité se sont enchaînés : plus jeune poleman (Shanghai, 2e GP), deuxième plus jeune vainqueur derrière Max Verstappen (Shanghai, 2e GP), plus jeune leader du championnat (Suzuka, 3e GP), plus jeune pilote à signer un Grand Chelem (Monaco, 6e GP), sans oublier celui du plus jeune auteur d’un meilleur tour, décroché dès sa première saison, à Suzuka en 2025, à 18 ans et 224 jours.
En remportant son premier titre mondial à Mexico, qu’il fêtera officiellement en clôture de la saison à Abu Dhabi le 6 décembre prochain, Kimi Antonelli devance de nombreux grands noms de la Formule 1, aucun n’ayant été sacré aussi jeune. Sebastian Vettel (Red Bull) détenait le record depuis 2010, lors de son premier titre. À cette époque, il l’avait remporté à 23 ans, 4 mois et 11 jours, soit trois ans de plus que le pilote italien. Lewis Hamilton, au volant de sa McLaren en 2008 (23 ans, 9 mois et 26 jours), et Fernando Alonso, au volant de sa Renault en 2005 (24 ans, 1 mois et 27 jours), complétaient le podium.
Une maturité supérieure à celle de son coéquipier George Russell
Même si la voiture a surdominé lors de la première partie de saison et reste, encore aujourd’hui, l’une des plus performantes, Kimi Antonelli a su faire preuve d’une maturité exemplaire pour atteindre un tel sommet lors de sa deuxième saison en Formule 1. Il a notamment travaillé pour éviter de partir à la faute aussi régulièrement que l’an passé. Souvenez-vous : lors de sa saison de rookie, l’abandon à domicile à Imola, le crash en qualifications à Monaco, l’accrochage avec Max Verstappen dès le premier tour en Autriche, le contact avec Isack Hadjar à Silverstone, puis la sortie sur Charles Leclerc à Zandvoort lui avaient coûté cher et valu des moqueries sur les réseaux sociaux. Point d’orgue de ces moments difficiles : Spa-Francorchamps. Après cette série de résultats compliqués et une contre-performance lors de la course sprint, Antonelli avait craqué et fini en larmes dans le paddock puis en interview, après des qualifications ratées (18e sur la grille).
Cette saison, en revanche, lorsque les résultats se sont ternis après Barcelone et Silverstone, et que Hamilton et Russell sont revenus à moins de 50 points, le jeune Italien a gardé son sang-froid. Confiant en ses moyens, il ne s’est jamais laissé gagner par la panique. Dès qu’il a retrouvé de l’allant, il a surtout su adresser de vrais messages à son coéquipier. Car pendant que Russell s’enfonçait dans la tourmente, entre plusieurs abandons et des résultats décevants, lui continuait de briller. Le Britannique ne l’a d’ailleurs devancé qu’à cinq reprises cette année.
Le tournant de la saison : La remontada à Monza
Au début du mois de septembre, Kimi Antonelli retrouvait le circuit de son pays natal. Fort de son statut de leader, et après une première apparition décevante en 2025, le pilote Mercedes était attendu. Sauf que le week-end n’a pas débuté de la meilleure des manières. L’écurie allemande a installé un 5e moteur à combustion interne, une 4e batterie et un 4e boîtier électronique sur sa monoplace. Ces modifications ayant dépassé les quotas autorisés par la FIA pour la saison, elles ont entraîné une pénalité automatique de 30 places sur la grille. Autant dire que les chances de voir Antonelli l’emporter étaient faibles, voire nulles.
Mais voilà, les grands champions s’imposent toujours à Monza, et Antonelli va lancer une opération remontada aussi folle qu’impressionnante, qui mettra tout le monde d’accord. Parti de la 19e place, il remontera toute la grille à un rythme infernal, dans le sillage d’une stratégie rondement menée par l’écurie des Flèches d’argent et une décomplexion déconcertante. En conférence de presse, son principal concurrent et coéquipier Russell reconnaîtra la remontée spectaculaire de son partenaire, enterrant presque définitivement les chances de l’Anglais de surpasser son jeune coéquipier.
Antonelli frappera à nouveau dès le Grand Prix suivant l’Italie, en s’imposant sur le tout nouveau circuit de Madrid, puis le week-end dernier à Austin, avant d’arriver à ce dimanche, jour de gloire pour les tifosi.












